L’histoire de l’Ange de l’Indépendance du Mexique
L’Ange de l’Indépendance se dresse comme l’un des monuments nationaux les plus emblématiques de Mexico, symbolisant la lutte et le triomphe du pays dans sa quête d’indépendance. Ce monument est non seulement un témoignage des événements historiques, mais aussi un lieu de mémoires collectives et de rassemblements. L’idée de construire un monument commémorant l’indépendance du Mexique a commencé à prendre forme peu après la libération de la nation, et il est depuis devenu un site de célébrations, de manifestations et d’événements culturels.
Qu’est-ce qui a inspiré la création du monument ?
La volonté de créer un monument au Mexique pour commémorer l’indépendance nationale a été fortement influencée par des projets antérieurs consacrés à la royauté. Entre 1821 et 1843, plusieurs initiatives ont été lancées pour développer un monument commémoratif, s’inspirant de structures similaires érigées pour le roi Carlos III d’Espagne durant la période coloniale. Ce n’est qu’à partir de la présidence d’Antonio López de Santa Anna en 1843 que des progrès significatifs ont été réalisés. Son administration, soutenue par l’Académie de San Carlos, a organisé un concours pour sélectionner un projet axé sur la construction d’un monument comportant une colonne de la victoire.
Comment le design a-t-il été choisi ?
Le concours de design a attiré des participants d’horizons nationaux et internationaux. Le projet de l’architecte français Enrique Griffon a émergé comme le premier choix. Cependant, la décision finale revenait au président Santa Anna, qui favorisait le design de Lorenzo de la Hidalga malgré le fait qu’il se soit initialement classé deuxième. Cette préférence a conduit à la sélection de la proposition de Hidalga pour la construction, illustrant un mélange de politique et d’art dans les projets nationaux. Le design de Hidalga prévoyait une structure imposante avec des accents en bronze, et son concept a jeté les bases du monument tel qu’on le voit aujourd’hui.
Quels sont les trésors historiques à l’intérieur du monument ?
Intégré dans l’Ange de l’Indépendance se trouve un coffre en or placé par le général Porfirio Díaz. Ce coffre contient des objets historiques inestimables, y compris le premier Acte d’Indépendance et des pièces de monnaie frappées à l’époque de Díaz. De telles inclusions servent non seulement d’ancrages de mémoire historique, mais aussi de symboles d’unité et de patrimoine. Ces trésors ancrent fermement le monument dans le récit de la souveraineté du Mexique, en faisant un véritable gardien du passé.
Qui a inspiré la sculpture ?
La sculpture au sommet de la colonne, connue localement sous le nom de « El Ángel, » est aussi plus précisément appelée « La victoria alada » ou la « Victoire ailée. » Contrairement à la croyance populaire selon laquelle des figures locales auraient servi d’inspiration, le modèle était en réalité ancré dans l’art européen. Le sculpteur italien Alciati a créé le modèle basé sur des dessins réalisés en Italie, où le moulage en bronze a eu lieu à Florence. Cela met en lumière les influences et collaborations internationales qui ont contribué à la réalisation de ce symbole national.
Quel rôle la colonne joue-t-elle ?
La colonne n’est pas simplement une structure esthétique, mais sert également de mausolée pour des figures clés de la guerre d’indépendance du Mexique. Elle abrite les restes de 14 figures historiques, dont Miguel Hidalgo, Vicente Guerrero et Ignacio Allende. En 1923, des efforts ont été entrepris pour développer des niches à la base de la colonne pour des urnes contenant les restes des héros, dont certains ont été déplacés de la Cathédrale Métropolitaine et d’autres lieux historiques. La colonne fonctionne donc comme un rappel poignant des sacrifices réalisés pour l’indépendance.
Comment l’Ange symbolise-t-il la victoire ?
La sculpture de « La victoria alada » manifeste des thèmes de triomphe et de liberté, reflétant la victoire sur la domination coloniale. Mesurant 6,7 mètres de hauteur et pesant 7 tonnes, la sculpture est ornée d’or et représente la déesse Niké de Samothrace, le symbole grec ancien de la victoire. Dans une main, elle tient une couronne de laurier signifiant la victoire, tandis que l’autre tient une chaîne brisée représentant l’émancipation de la domination espagnole. Cette iconographie amplifie la célébration de l’indépendance et de la liberté par le monument.
Quelle a été l’influence architecturale ?
Antonio Rivas Mercado, l’architecte derrière l’Ange, s’est inspiré des colonnes monumentales à travers le monde, y compris la colonne de Trajan à Rome et la colonne Alexandre à Saint-Pétersbourg. Avant ce projet, Rivas avait travaillé sur le Teatro Juárez à Guanajuato, ce qui a peut-être influencé son style architectural. La collaboration avec le sculpteur italien Alciati et l’ingénieur Roberto Gayol a également enrichi le projet, résultant en un mélange des aspirations mexicaines avec une expertise internationale.
Quels défis le monument a-t-il rencontrés ?
L’Ange a résisté aux défis au fil du temps, y compris une chute lors du tremblement de terre du 28 juillet 1957. Le tremblement de terre a causé la chute de « La Victoire ailée » et des dommages. Lors de la reconstruction du monument, il a été décidé de donner à la sculpture un nouveau visage. La tête originale est maintenant exposée aux Archives historiques de Mexico, servant de témoignage à la résilience et à l’histoire du monument.
En conclusion, l’Ange de l’Indépendance est plus qu’une structure monumentale ; c’est un symbole vivant de l’histoire, de la résilience et de l’esprit du Mexique. De sa conception contestée à sa position actuelle en tant que site de commémoration nationale, il reste une pierre angulaire de l’identité culturelle. Le monument est sorti de son parcours tumultueux en tant que phare d’unité et de mémoire, illustrant l’héritage durable de l’indépendance du Mexique.
